Anthony Hopkins, Gary Oldman, Daniel Day-Lewis, Christian Bale, Benedict Cumberbatch, Ralph Fiennes, Ian McKellen, Michael Caine : la liste des acteurs britanniques qui règnent sur Hollywood est vertigineuse. Et elle traverse toutes les générations, du légendaire Hopkins aux valeurs montantes qui écrasent le box-office mondial. En face, la France peine à aligner des noms comparables. Depuis Gérard Depardieu, dernier acteur français à avoir véritablement dépassé le stade mondial pour entrer dans l’histoire du cinéma, le désert. Comme le souligne l’invité du Cercle Aristote, nous n’avons pas le dixième des talents que produit régulièrement le Royaume-Uni.

L’écart ne doit rien au hasard. L’acteur britannique a toujours été un acteur de théâtre, formé dans une tradition populaire vivante, quand le théâtre français s’est enfermé dans un entre-soi élitiste. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : quand Hollywood a besoin d’un premier rôle d’envergure, il puise dans le vivier britannique. Les Français, eux, brillent surtout dans l’animation et le jeu vidéo, les vrais talents ayant déserté un cinéma hexagonal dont l’invité dresse un constat sans appel : mauvaises générations de réalisateurs, mauvaises générations d’acteurs, cinéma à thèse déconnecté des attentes populaires. Un naufrage systémique qui ne pourra se résoudre qu’en allant chercher des leçons ailleurs.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

Cet article vous a-t-il été utile ?

Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)

Signaler une erreur

Merci, c’est noté.