C’est un chiffre qui a de quoi surprendre, tant le débat public accorde une place centrale aux relations franco-africaines. Pourtant, comme l’a rappelé Pierre-Yves Rougeyron dans le Grand Entretien du Cercle Aristote, l’Afrique sub-saharienne ne pèse que 1 % du commerce extérieur français. L’ensemble du continent, Maghreb compris, atteint à peine les 2 %. Une proportion dérisoire au regard de l’attention médiatique et politique qui lui est consacrée.
Cette réalité statistique invite à reconsidérer les postures, qu’elles soient paternalistes ou, au contraire, excessivement contrites. Elle rend d’autant plus incompréhensibles les mises en scène présidentielles récentes sur le sol africain, où l’humiliation de la France semble être devenue un sport national. Loin des discours misérabilistes comme des rodomontades néocoloniales, l’invité plaide pour un rapport dépassionné : « Nous n’avons pas besoin de vous, vous n’avez pas besoin de nous. Si on fait quelque chose, on le décide. »
Cette marginalité économique ne signifie pas pour autant une absence d’enjeux. La transition démographique africaine, les flux migratoires potentiels et les manœuvres de puissances concurrentes, Allemagne et États-Unis en tête, demeurent des préoccupations stratégiques. Mais elles gagneraient à être pensées hors du ressentiment et de la culpabilité.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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