Une ambassadrice africaine fait 12 heures d’avion aller-retour pour s’exprimer devant une salle quasi déserte. Sur 200 sièges, à peine 10 sont occupés. Ce témoignage, rapporté par un ancien observateur des institutions européennes ayant assisté à ces auditions pendant cinq ans, illustre de manière accablante le mépris institutionnel de l’Union européenne envers ses partenaires du Sud.
Le constat dépasse la simple impolitesse diplomatique. Quand ces représentants étrangers prennent la parole, personne ne les écoute vraiment. On les laisse parler, puis on leur assène le cahier des charges européen : conditions à remplir pour "rejoindre l’humanité" — sous-entendu, l’humanité telle que Bruxelles la définit. L’hospitalité minimale n’y est même pas.
Cette attitude révèle une posture plus profonde : celle d’un Occident qui a cessé de dialoguer avec le reste du monde. Là où les sommets de l’ASEAN obligent des puissances diverses à s’écouter mutuellement, les institutions européennes pratiquent un paternalisme colonial à peine voilé, mâtiné de condescendance et surtout d’indifférence. Le message est clair : nous n’avons rien à apprendre de vous.
Dans un monde où les BRICS pèsent désormais plus lourd que le G7, cette surdité européenne n’est plus seulement arrogante. Elle est stratégiquement suicidaire.
Source : Pensez la souveraineté à l’âge multipolaire, Jérôme Ravenet dans face à PYR — Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron (03/05/2026)
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