En avril 2016, à quelques semaines du référendum sur le Brexit, Barack Obama s’est déplacé à Londres pour livrer un message sans ambiguïté aux Britanniques tentés par la sortie de l’Union européenne. Comme le rappelle Jean-Michel Salmon, économiste spécialiste des économies insulaires interrogé par Pierre-Yves Rougeyron à l’occasion des dix ans du référendum, le président américain avait publiquement averti qu’en cas de Brexit, le Royaume-Uni se retrouverait « at the back of the queue », au fin fond de la file d’attente pour négocier un éventuel accord de libre-échange avec les États-Unis.
Cette intervention s’inscrivait dans ce que les Brexiters ont appelé le « project Fear », une vaste opération de peur destinée à dissuader les électeurs britanniques de voter pour la sortie. Outre Obama, dont la venue avait été sollicitée par David Cameron lui-même, l’opération mobilisait le FMI, la Banque mondiale, le Trésor britannique et la Commission européenne, tous annonçant des catastrophes économiques majeures.
Fait notable : Obama reconnaîtra plus tard que cette intervention était une erreur, mettant la responsabilité sur Cameron qui l’avait sollicité pour soutenir la campagne du maintien. Une ingérence directe d’un chef d’État étranger venu, sur le sol britannique, menacer publiquement un peuple souverain à la veille d’un scrutin décisif. Dix ans plus tard, le souvenir de cet épisode illustre jusqu’où certains étaient prêts à aller pour faire dérailler le vote populaire.
*D’après un entretien de Pierre-Yves Rougeyron sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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