Dominique Lormier revient dans cet ouvrage sur les combats livrés par les soldats français entre mai et juin 1940, une séquence historique trop souvent réduite à la seule débâcle et à l'armistice. À rebours d'un récit qui a longtemps occulté la résistance militaire effective, il documente les engagements où les unités françaises ont tenu, contre-attaqué et infligé des pertes sévères à la Wehrmacht, au prix de sacrifices considérables.
Cette relecture présente un intérêt direct pour quiconque réfléchit aux conditions de la souveraineté française. La défaite de 1940 a pesé durablement sur la capacité de la France à peser dans les équilibres diplomatiques et à défendre ses intérêts propres : elle a justifié des tutelles, alimenté des complexes nationaux et servi d'argument à ceux qui ont voulu relativiser la légitimité de la France à conduire sa propre politique. Montrer que l'armée française s'est battue, que des hommes ont combattu avec compétence et courage malgré des conditions structurelles défavorables, c'est restituer une vérité qui change le diagnostic sur les capacités réelles d'une nation à assurer sa défense quand elle dispose de moyens et d'une volonté politiques cohérents.
Le travail de Lormier s'inscrit dans un effort de réhabilitation mémorielle qui touche directement à l'identité nationale : comprendre ce que la France a réellement vécu en 1940, c'est aussi mieux comprendre ce qu'elle peut vouloir être.
La présentation de ce livre vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.

