Ecrit en 1945 et publié deux ans plus tard, ce texte de Georges Bernanos prend pour cible la civilisation technicienne qui s'impose en Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pour Bernanos, la machine n'est pas un outil neutre au service de l'homme : elle engendre une logique propre qui finit par soumettre les sociétés à ses impératifs, dissout les corps intermédiaires, et rend les peuples incapables de se gouverner eux-mêmes. La thèse est radicale : la technique, livrée à la seule rationalité économique, n'émancipe pas, elle dépossède.
Ce que Bernanos perçoit avec acuité, c'est la manière dont cette révolution industrielle et gestionnaire efface les conditions mêmes de l'indépendance d'un peuple. Quand la production, le travail et l'organisation sociale obéissent à des logiques standardisées et extérieures à la communauté nationale, c'est la capacité collective à décider de son destin qui recule. La France qu'il défend n'est pas un État-puissance abstrait, mais une civilisation vivante dont la survie suppose que les hommes restent maîtres de leurs instruments.
Bernanos écrit depuis l'expérience de l'exil et de la défaite de 1940, qu'il lit comme le symptôme d'une société ayant perdu le sens du politique au profit du seul calcul économique. Ce texte court et dense s'adresse à quiconque veut comprendre pourquoi la question de la souveraineté française ne peut pas être séparée de celle du rapport qu'une nation entretient avec la technique et l'économie qui la traversent.
La présentation de ce livre vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.

