Publie en 1996, un an après la mort de François Mitterrand, ce récit de Georges-Marc Benamou restitue les derniers mois du président à travers une série d'entretiens conduits alors que la maladie avançait. Le livre n'est pas une biographie au sens strict : c'est la transcription d'une parole finale, livrée sans fard, où Mitterrand revient sur son parcours, ses convictions, sa vision de l'État et de la France. Le moment de publication est celui d'un pays en deuil politique, cherchant à clore une époque de quatorze ans de présidence et à mesurer ce qu'elle avait représenté pour la République.
L'intérêt souverainiste de cet ouvrage tient à ce qu'il donne accès à la conception que Mitterrand se faisait de la puissance française et du rôle de l'État. Homme formé dans la tradition républicaine la plus classique, il incarne une génération de dirigeants pour qui la France était d'abord un sujet politique autonome, capable d'arbitrages indépendants sur la scène internationale. Les échanges rapportés par Benamou laissent transparaître une pensée de la durée, de la continuité de l'État et d'une certaine idée de la souveraineté nationale, que les débats des années 1990 sur Maastricht et la construction européenne avaient déjà commencé à éroder dans le discours public.
Benamou, journaliste et écrivain engagé dans les milieux intellectuels parisiens, occupera par la suite des fonctions dans le domaine culturel public. Ce livre reste l'un des rares documents où un président de la République française s'est exprimé librement sur son propre bilan, sans le filtre de la communication institutionnelle, ce qui lui confère une valeur de source directe pour quiconque s'intéresse à l'histoire contemporaine de l'État français.
La présentation de ce livre vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.

