Le 29 mai 2005, les Français se prononçaient à 54,7 % contre le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe. Vingt ans après ce vote, André Bonnet publie aux éditions L'Artilleur un ouvrage qui revient sur cet épisode en le lisant non comme un simple revers politique, mais comme une violation caractérisée de la volonté populaire. Sa thèse centrale est que le résultat du référendum n'a pas été respecté dans ses conséquences, et que les mécanismes par lesquels il fut contourné relèvent d'une logique de trahison institutionnelle assumée. La publication intervient en 2025, dans un moment où la question de la légitimité des élites à s'affranchir du suffrage universel est redevenue centrale dans le débat public français.
L'intérêt souverainiste de l'ouvrage est direct. En documentant la manière dont le non français a été neutralisé, notamment par l'adoption du traité de Lisbonne en 2007 par voie parlementaire, Bonnet met en lumière une fracture fondamentale entre la démocratie formelle et son exercice réel. Pour un courant de pensée qui place la souveraineté nationale à la source de toute légitimité politique, cette séquence constitue un cas d'école : le peuple s'est exprimé, et ses représentants ont choisi de procéder autrement, sans nouveau mandat populaire. L'ouvrage fournit à ceux qui s'interrogent sur les conditions d'exercice de la démocratie en France un récit construit et sourcé d'un précédent que beaucoup préfèrent ne pas examiner de trop près.
L'Artilleur, maison d'édition connue pour publier des voix en marge des consensus médiatiques dominants, accompagne ici un travail qui s'inscrit dans un effort plus large de reconstitution critique des décisions prises au nom de la France sans l'accord des Français.
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