Publié en 2004 aux Éditions Mille et Une Nuits, "Prêcheurs de haine" s'inscrit dans un moment intellectuel particulier : trois ans après les attentats du 11 septembre, alors que les sociétés occidentales cherchent encore à nommer et à comprendre les forces idéologiques qui les affrontent. Alexandre del Valle y examine les filières et les réseaux qui diffusent, en Europe comme en France, un discours de haine à caractère politico-religieux, en s'attachant à en retracer les logiques organisationnelles, les financements et les relais idéologiques. La thèse centrale consiste à montrer que ce phénomène n'est pas spontané ni marginal, mais structuré, transnational et porteur d'un projet politique cohérent qui entre en contradiction directe avec les principes des démocraties libérales.
Pour un lecteur soucieux de la souveraineté française, l'analyse de del Valle touche à plusieurs enjeux concrets. Elle interroge la capacité de l'État à défendre, sur son propre territoire, les conditions de la délibération démocratique face à des influences extérieures qui s'exercent par le biais communautaire, associatif ou cultuel. La question n'est pas seulement sécuritaire : elle est politique au sens strict, celle de savoir si la France conserve la maîtrise des discours qui circulent en son sein et si ses institutions disposent des instruments juridiques et intellectuels pour y répondre sans se dessaisir de leurs propres principes.
Alexandre del Valle est un essayiste et géopoliticien français dont les travaux antérieurs, notamment ceux consacrés aux islamisme et aux totalitarismes du XXe siècle, l'avaient déjà placé dans un courant d'analyse centré sur les menaces asymétriques pesant sur les États-nations. "Prêcheurs de haine" prolonge cette réflexion en lui donnant une dimension documentaire plus ancrée dans l'actualité française des années 2000.
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