Publié aux éditions Kimé en 2026 dans la collection « Philosophie en cours », cet essai de François Loiret prend à revers l’idée reçue selon laquelle la patrie appartiendrait au passé. L’individualisme, le consumérisme, le pacifisme et la mondialisation auraient, dit-on, dissous l’amour de la patrie et jusqu’à l’exigence du sacrifice. L’auteur récuse ce partage commode entre un âge où la patrie régnait et une modernité qui l’aurait congédiée : l’histoire connaît des éclipses de la patrie, mais aussi des retours qui ne répètent jamais à l’identique.
À travers un parcours qui convoque Cicéron, Montesquieu, Fichte et de grands théologiens du XIIIe siècle, l’ouvrage montre que la patrie n’a rien d’une notion univoque, pas plus que le patriotisme. Sa thèse est nette : la patrie est la réalité politique aimable par excellence. On n’aime pas l’État, on n’aime pas même la Nation, mais on aime la patrie, et c’est vers elle que se porte l’amour politique, au risque d’en mourir. Parler d’amour politique, c’est donc parler de la patrie.
Pour Le Souv, cette enquête offre un socle philosophique à une conviction simple : loin d’être un vestige, l’attachement à la patrie française reste une réalité vivante et un ressort politique majeur. À l’heure où l’on présente volontiers le sentiment national comme archaïque, François Loiret rappelle qu’aucune communauté ne tient durablement sans cet amour qui la précède et qui l’oblige. Docteur de l’Université de Strasbourg et professeur honoraire en khâgne, l’auteur est notamment lecteur et traducteur de Duns Scot.
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