1500 marins français tués, deux cuirassés, un croiseur et un contre-torpilleur coulés le 3 juillet 1940 par la Royal Navy. Le drame de Mers el-Kébir trouverait son origine dans une simple divergence sémantique entre deux langues, selon l’analyse développée par l’historien Eric Branca.
Au cœur de la convention d’armistice du 22 juin 1940 figure une clause stipulant que la flotte française est placée « unter Kontrolle » allemand. En allemand comme en français, le terme renvoie à une idée de vérification : les Allemands doivent s’assurer que les navires sont désarmés, à quai, sans munitions ni équipage opérationnel. Mais traduit en anglais par « under control », le mot change de portée. Il signifie cette fois que les Allemands exercent une autorité directe sur la flotte et peuvent en disposer à leur guise.
Churchill, dont la survie même du Royaume-Uni est en jeu, retient l’acception la plus défavorable. Il imagine la troisième flotte mondiale rejoindre la Kriegsmarine, condamnant l’Angleterre au blocus et à la famine. Le 27 juin, il obtient du cabinet de guerre l’autorisation d’employer tous les moyens pour empêcher ce scénario.
Eric Branca rappelle ainsi que l’amiral Somerville avait pourtant proposé trois alternatives à l’amiral Gensoul avant d’ouvrir le feu. C’est l’absence de réponse française qui scella le drame. Un quiproquo linguistique aux conséquences tragiques.
*D’après un entretien de Eric Branca sur Tocsin+*
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