6 % contre 27 %. C’est l’écart stupéfiant entre les droits de vote de la Chine et ceux de l’Union européenne au FMI, alors que les deux représentent chacune environ 17 % du PIB mondial. Un chiffre révélateur avancé par Jérôme Ravenet lors d’un entretien avec Pierre-Yves Rougeyron.

Les statuts du Fonds monétaire international stipulent pourtant que l’institution doit se gouverner démocratiquement, avec des parts de vote reflétant l’équilibre réel des puissances économiques mondiales. Force est de constater que ce principe fondateur n’est plus respecté.

Ce déséquilibre illustre ce que Ravenet qualifie de "double standard occidental" — une pratique qui discrédite progressivement les institutions internationales issues de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, ces organisations "ont renoncé à faire vivre les valeurs qui les ont créées".

La Chine ne cesse de réclamer le respect des chartes fondatrices de ces institutions, revendiquant paradoxalement le concept même de démocratie pour critiquer leur fonctionnement. Un renversement qui devrait interroger les Occidentaux sur la cohérence de leur discours.

Dans un monde où les BRICS affichent désormais un PIB global supérieur à celui du G7, ce type d’anomalie structurelle ne peut que précipiter la perte de légitimité d’un ordre international perçu comme figé dans les rapports de force d’une époque révolue.

Source : Pensez la souveraineté à l’âge multipolaire, Jérôme Ravenet dans face à PYR — Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron (03/05/2026)

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