Cette formule prophétique de Georges Boris, conseiller économique du général de Gaulle, résonne avec une acuité troublante à l’heure où la France a délégué sa création monétaire à la Banque centrale européenne. Jérôme Ravenet, auteur d’une nouvelle synthèse sur l’histoire de la souveraineté, rappelle que cette question était déjà parfaitement consciente chez les rois capétiens, notamment Philippe le Bel, bien avant d’être théorisée.
Le constat est implacable : depuis l’abandon progressif du contrôle monétaire — amorcé bien avant la loi de 1973 et parachevé par l’euro —, la France n’est plus maîtresse des « cordons de la bourse ». Or, comme le souligne Ravenet, l’ancien régime avait une pensée monétaire bien plus souple que celle héritée de la Révolution, qui a sacralisé la dette au point d’en faire un joug. L’intendant aux finances de Louis XV résumait crûment : « La France peut faire faillite une fois par génération, ça permet de se remettre au pair. » Autrement dit : l’État décide, car il incarne la souveraineté du peuple.
Aujourd’hui, des « féodalités financières » ont repris le contrôle. Cette dette ne crée pas de richesse mais « des hommes riches », tout en asservissant les peuples. Face à cette « reféodalisation », la question monétaire redevient le cœur battant de tout projet souverainiste sérieux.
Source : Pensez la souveraineté à l’âge multipolaire, Jérôme Ravenet dans face à PYR — Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron (03/05/2026)
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