Deux mille Français en uniforme défilent dans les rues de Londres le 14 juillet 1940, sous les yeux médusés des Britanniques. Trois semaines à peine après l’armistice signé par Pétain, et onze jours après le drame de Mers el-Kébir où la flotte française a été coulée par les Anglais, la France libre tient son premier 14 juillet. Et ils sont déjà 7 000 volontaires inscrits dans les bureaux de recrutement.
Comme le rappelle l’historien Eric Branca, beaucoup s’attendaient à voir l’élan se briser après Mers el-Kébir. Vichi déchaînait sa propagande contre la « perfide Albion », et dans l’entourage même de Churchill, on doutait que l’aventure gaullienne survive à ce traumatisme. C’est l’inverse qui s’est produit.
Qui sont ces hommes ? Des rescapés de Dunkerque, des chasseurs alpins revenus de Narvik avec le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, dit Monclar, et bientôt les 133 marins de l’île de Sein, dont certains n’ont que 15 ou 16 ans, partis tous ensemble. Aristocrates et ouvriers, monarchistes et socialistes, catholiques, protestants, juifs, francs-maçons : un creuset social et politique sans équivalent, soudé par une seule volonté, continuer le combat.
Eric Branca y voit une leçon politique majeure : une minorité résolue suffit à maintenir vivante l’idée de nation quand la majorité, sidérée, baisse les bras.
*D’après un entretien de Eric Branca sur Tocsin+*
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