La structure juridique de KNDS pourrait être son talon d’Achille, et c’est une bonne nouvelle pour la souveraineté industrielle française. Selon l’analyse développée par l’invité, le conglomérat repose sur une holding chapeautant deux entités distinctes : KNDS France et KNDS Allemagne, avec une séparation nette des brevets — les brevets français restant logés côté français, les allemands côté allemand.
Cette architecture offre une porte de sortie juridiquement propre. « Il suffit qu’on la fasse sauter », résume l’invité, en reprenant KNDS France de manière autonome. Contrairement au dossier autrement plus complexe d’Airbus, le démantèlement serait ici techniquement accessible, puisque la propriété intellectuelle est déjà cloisonnée. L’enjeu est d’autant plus pressant que Berlin pousse à augmenter la part du gouvernement allemand dans la structure pour, à terme, tout délocaliser outre-Rhin — une manœuvre d’écrasement industriel qui s’inscrit, selon l’invité, dans la stratégie allemande de paralyser les projets autonomes français.
« On peut tout à fait séparer », insiste l’analyse. Reste à savoir si l’exécutif français saisira cette opportunité ou laissera, une fois de plus, les brevets et les chaînes de production filer à l’est.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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