L’État-nation est la forme dominante d’organisation politique du monde moderne. Il associe deux éléments distincts : l’État, comme appareil de pouvoir doté du monopole de la contrainte légitime sur un territoire, et la nation, comme communauté humaine consciente d’elle-même, unie par une histoire, une langue, des institutions et un vouloir-vivre commun. Ernest Renan résumait en 1882 la nation comme « un plébiscite de tous les jours ».

La France a été historiquement le laboratoire de cette forme politique, de la monarchie capétienne à la Révolution puis à la République. L’État-nation est l’instrument par lequel un peuple peut se gouverner lui-même : sans nation, pas de démocratie possible à grande échelle, faute de demos.

Les souverainistes défendent l’État-nation contre deux dissolutions. Par le haut : l’intégration supranationale qui transfère ses compétences sans transférer la légitimité démocratique. Par le bas : le multiculturalisme communautariste qui détache des groupes du destin commun. Pierre Manent parle ainsi de la nation comme du « corps politique » sans lequel la liberté politique perd son sol.

Synonymes : État national, communauté politique nationale

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