L’européisme désigne la conviction que l’avenir des nations européennes passe par une intégration politique toujours plus étroite, jusqu’à la constitution d’un véritable pouvoir fédéral européen. Cette doctrine, héritée des pères fondateurs (Jean Monnet, Robert Schuman, Altiero Spinelli), considère l’État-nation classique comme un cadre dépassé pour relever les défis du XXIe siècle.
La critique souverainiste de l’européisme ne nie pas l’utilité de coopérations européennes concrètes (espace de circulation, programmes scientifiques, marché commun encadré). Elle conteste la méthode : substituer aux décisions démocratiques nationales des décisions prises par des instances faiblement légitimes (Commission, Cour de Justice, Banque centrale), sans que les peuples aient explicitement consenti à ce dessaisissement. Pierre Manent, Jean-Pierre Chevènement, Coralie Delaume ont développé cette critique de la « construction par défaut ».
Le rejet français du Traité constitutionnel européen en 2005, suivi de son adoption par voie parlementaire en 2008, est devenu le symbole d’une européanisation menée contre la volonté exprimée du souverain.
Synonymes : fédéralisme européen, intégration européenne
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