L’identité nationale désigne la conscience qu’une communauté politique a d’elle-même : son histoire, sa langue, ses institutions, ses récits fondateurs, son rapport au monde. Elle est à distinguer de l’identité ethnique (héritage biologique) et de l’identité religieuse (appartenance confessionnelle) : l’identité française est politique, ce que Renan avait souligné en 1882 en parlant de « plébiscite de tous les jours ».

Pour la pensée souverainiste, l’identité n’est pas une essence figée mais un héritage transmis. Pierre Manent, Régis Debray, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut insistent sur la nécessité d’une transmission : sans école qui transmet, sans langue commune, sans récit partagé, l’identité s’érode et la nation se dissout. Le débat français porte moins sur l’existence d’une identité (un fait) que sur ce qu’on en transmet aux nouvelles générations et aux nouveaux venus. Le multiculturalisme et le néolibéralisme convergent ici : tous deux affaiblissent la trame identitaire, au profit du groupe communautaire ou du consommateur déraciné.

Synonymes : identité nationale, identité collective

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