La nation est une communauté politique consciente d’elle-même, distincte de l’ethnie, de la race ou de la religion. Ernest Renan en a donné en 1882 la formulation classique : la nation est « un plébiscite de tous les jours », fondé sur le partage d’un passé glorieux et la volonté de poursuivre une vie commune. Ce n’est ni une fatalité du sang, ni un contrat marchand : c’est une construction historique qui suppose la transmission, la langue, les institutions, et un vouloir-vivre commun.
Pour la pensée souverainiste française, la nation est l’échelle sans laquelle la démocratie perd son sol : pas de demos, pas de gouvernement par le peuple. Pierre Manent, Régis Debray, Marcel Gauchet, Jean-Pierre Chevènement défendent la nation contre les dissolutions par le haut (intégration supranationale, gouvernance technocratique) et par le bas (multiculturalisme communautariste). La nation n’est pas refus de l’universel ; elle en est la condition pratique, le cadre concret où l’universel devient politiquement actionnable.
Le débat contemporain porte sur la possibilité même d’une nation à l’ère de la planétisation, des migrations massives et de la culture mondialisée. Les souverainistes répondent que la nation reste l’échelle la plus efficace pour articuler liberté individuelle, solidarité collective et capacité d’agir face aux défis globaux. C’est moins une nostalgie qu’une condition de la politique au sens fort.
Synonymes : communauté nationale, peuple historique
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