La patrie désigne la nation envisagée non comme construction juridique mais comme communauté affective : terre, paysages, langue, monuments, morts. Elle suppose un rapport au temps long (les ancêtres, la transmission) et au sol (l’attachement à un territoire concret). Charles Péguy distinguait la patrie charnelle, faite de chair et de mémoire, et la patrie spirituelle, faite des principes et des œuvres. La République française revendique les deux.

Pour les souverainistes, la patrie n’est pas le nationalisme étroit : c’est l’enracinement qui rend la solidarité possible. On ne consent à payer l’impôt, à risquer sa vie, à transmettre un effort qu’à ceux qu’on reconnaît comme siens. Régis Debray, Max Gallo, Pierre Manent ont rappelé que la modernité libérale et marchande, en sapant cet attachement, n’a pas produit un homme universel mais un consommateur déraciné, plus difficile à mobiliser collectivement face aux crises.

Synonymes : patrie charnelle, terre des aïeux

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