La puissance désigne la quantité de moyens (matériels, humains, symboliques) qu’un acteur politique peut mobiliser pour faire prévaloir ses intérêts. Raymond Aron, dans Paix et guerre entre les nations (1962), la définit comme « la capacité d’imposer sa volonté à autrui ». Elle se mesure traditionnellement en termes militaires, mais le XXe siècle a élargi le concept à la puissance économique (production industrielle, monnaie), technologique (recherche, brevets), et culturelle (ce que Joseph Nye nomme soft power).
La pensée souverainiste insiste sur l’interdépendance de ces dimensions : il n’y a pas de puissance militaire durable sans base industrielle, ni d’indépendance diplomatique sans monnaie maîtrisée. Le déclin de la France industrielle depuis les années 1980, sous l’effet conjoint de la mondialisation et des contraintes européennes, est lu par des auteurs comme Emmanuel Todd ou David Cayla comme une érosion lente mais structurelle de la puissance française.
Une nation peut être souveraine en droit et faible en puissance. L’enjeu souverainiste contemporain est donc autant la reconquête de la puissance économique (réindustrialisation, énergie, agriculture) que la défense des prérogatives juridiques.
Synonymes : capacité d'action, force d'État
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