La volonté générale est le concept central du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau (1762). Elle ne se confond ni avec la volonté de tous (somme arithmétique des intérêts particuliers) ni avec la majorité numérique : elle désigne ce que le peuple voudrait s’il visait le bien commun et non son intérêt immédiat. Le souverain, c’est elle. Toute loi qui ne procède pas de la volonté générale est tyrannique, même votée majoritairement.

Pour la tradition souverainiste française, héritière directe de cette ligne rousseauiste et jacobine, la volonté générale fonde la critique des règles européennes qui s’imposent au peuple sans lui : Maastricht, Lisbonne, gouvernance budgétaire, BCE indépendante. Ce ne sont pas des modalités techniques, ce sont des dispositifs qui neutralisent la volonté générale au profit de règles juridiques automatiques. Frédéric Lordon, Coralie Delaume, Jean-Pierre Chevènement développent cette critique. Le débat contemporain porte sur la possibilité même d’une volonté générale à l’échelle d’un peuple européen qui n’existe pas politiquement.

Synonymes : souveraineté du peuple, volonté du corps politique

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