La xénocratie, du grec xénos (étranger) et kratos (pouvoir), désigne le gouvernement d’une communauté politique par des autorités qui lui sont extérieures et qu’elle n’a pas choisies. Le terme est ancien (utilisé chez les Grecs anciens pour décrire les tyrannies imposées de l’extérieur), mais il retrouve une actualité avec l’émergence des gouvernances supranationales contemporaines : règles européennes qui s’imposent sans débat national, décisions d’institutions financières mondiales (FMI, OMC), arbitrages de tribunaux extraterritoriaux.
Pour la pensée souverainiste, la xénocratie n’est pas un terme polémique mais une catégorie analytique précise. Elle permet de nommer ce qui distingue une démocratie pleine (le peuple se gouverne) d’un dispositif où des décisions structurantes sont prises ailleurs (BCE, Commission européenne, troïka, agences de notation). Frédéric Lordon, Coralie Delaume, Jacques Sapir, Marcel Gauchet articulent cette analyse : on peut conserver les apparences démocratiques (élections, parlement) tout en ayant transféré l’essentiel à des instances extérieures. La démocratie réelle suppose le contrôle de ses propres règles par le peuple qui les subit.
Synonymes : gouvernement étranger, tutelle extérieure
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