C’est un symbole cinglant de notre déclassement diplomatique. Alors que le Pakistan accueillait discrètement une tentative de conciliation entre l’Iran et les États-Unis, la France n’était même pas invitée. Comme le relève Pierre le Vigan, auteur de L’Europe à l’endroit, « Macron ne sert à rien. Fondamentalement du point de vue du jeu international, il n’y a jamais besoin de représentant de la France maintenant pour les régler. Au contraire, il vaut mieux éviter même. »

Le contraste est saisissant avec la Turquie d’Erdogan, qui a su rester un interlocuteur crédible pour Moscou tout en condamnant l’intervention russe, ou avec ces puissances moyennes capables de s’imposer comme arbitres. « Les pays dont les dirigeants gesticulent comme la France font hausser les épaules ou pire, font rigoler », constate l’essayiste.

L’effacement est d’autant plus cruel qu’il s’accompagne d’une perte de substance. Incapables de peser sur le conflit ukrainien, réduits à multiplier les leçons de morale tout en régressant sur le plan de la puissance réelle, les Européens sont en train de devenir « un secteur relativement méprisé et méprisable du monde ». Un constat d’autant plus amer que la France, Empire maritime encore doté d’atouts considérables, avait théoriquement les moyens de faire entendre sa voix.


*D’après un entretien de Pierre le Vigan sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*

Cet article vous a-t-il été utile ?

Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)

Signaler une erreur

Merci, c’est noté.