Ils étaient 133. Cent trente-trois marins partis ensemble d’une petite île bretonne pour rejoindre Londres et s’engager dans les Forces françaises libres. Tous les hommes de l’Île de Sein, sans exception, ont quitté leur rocher pour répondre à l’appel du 18 juin. Parmi eux, des adolescents de 15 et 16 ans, enrôlés aux côtés de leurs aînés.

L’historien Eric Branca, invité de Tocsin+, rappelle ce départ collectif qui frappe par son ampleur dans le contexte de l’été 1940. Alors que la métropole, sonnée par la défaite, bascule majoritairement du côté du maréchal Pétain, ces pêcheurs bretons incarnent un patriotisme populaire intact. Le 14 juillet 1940, à peine trois semaines après l’armistice, ils défilent dans les rues de Londres parmi les 2 000 premiers Français libres, sous les yeux ébahis des Britanniques. Ils sont déjà 7 000 inscrits dans les bureaux de recrutement.

Eric Branca insiste sur la diversité sociale et politique de ces premiers volontaires : pêcheurs, ouvriers, paysans, aristocrates, monarchistes, socialistes, juifs, francs-maçons, militants d’extrême droite. Un creuset improbable, soudé par une seule conviction : continuer le combat. Les marins de Sein sont devenus le symbole de cet engagement spontané, celui d’une France populaire qui, sans calcul ni hésitation, a choisi l’honneur quand tant d’autres choisissaient la résignation.


*D’après un entretien de Eric Branca sur Tocsin+*

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