Ils étaient 133, et parmi eux des adolescents de 15 ou 16 ans. À l’été 1940, tous les hommes de l’île de Sein, au large du Finistère, ont quitté ensemble leur île pour rejoindre Londres et s’engager dans les Forces françaises libres. Un départ collectif, sans exception, qui frappe encore aujourd’hui par son ampleur.

L’historien Eric Branca rappelle cet épisode dans un entretien diffusé sur Tocsin+ le 16 juin 2026. Il évoque ces marins parmi les 2 000 Français libres qui défilent dans les rues de Londres pour le 14 juillet 1940, sous le regard stupéfait des Britanniques. Trois semaines seulement après l’armistice, 7 000 volontaires se sont déjà présentés dans les bureaux de recrutement de la France libre.

Branca souligne la diversité saisissante de ces premiers engagés : pêcheurs, ouvriers, paysans, aristocrates, monarchistes, socialistes, juifs, francs-maçons, militants d’extrême droite. Tous unis par une même volonté : continuer le combat. La France libre apparaît ainsi, dès ses premières semaines, comme un creuset d’unité nationale qui transcende les origines sociales et les clivages politiques.

Les marins de Sein incarnent cette dimension populaire de l’engagement. Là où nombre de hauts gradés et de proconsuls de l’Empire ont refusé l’appel du général de Gaulle, une île entière a répondu présente, en bloc.


*D’après un entretien de Eric Branca sur Tocsin+*

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