Un oléoduc reliant l’Irak à la mer Méditerranée alimentait la grande raffinerie de Haïfa dès sa construction dans les années 1920, bien avant l’existence de l’État d’Israël. Ce détail historique, exposé par l’économiste Jacques Sapir, éclaire les racines profondes des rivalités actuelles autour des ressources au Proche-Orient.
Selon Jacques Sapir, cet oléoduc iraco-syrien traversait un territoire alors placé sous protectorat français, puisque le Liban et la Syrie formaient un même ensemble administré par la France. L’infrastructure a fait l’objet d’un contrôle jaloux de la part des Britanniques, y compris pendant la Seconde Guerre mondiale, tant sa valeur stratégique était reconnue.
La raffinerie de Haïfa, sur laquelle débouchait cet oléoduc, illustre l’empreinte durable des Britanniques dans cette partie du monde. Jacques Sapir rappelle que la présence militaire britannique s’est prolongée dans le golfe arabo-persique jusqu’à la fin des années 1960, dans le cadre de la politique d’abandon des positions situées « à l’est de Suez ».
Ce contrôle des oléoducs par les anciens empires coloniaux s’inscrivait dans une même logique que la surveillance des détroits maritimes, ces goulots d’étranglement par lesquels transitent aujourd’hui encore la majorité des hydrocarbures mondiaux. Une géographie héritée qui continue de structurer les tensions contemporaines.
*D’après un entretien de Jacques Sapir sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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