La Chine a déjà dépassé les États-Unis. Pas dans dix ans, pas dans vingt ans : maintenant. C’est ce qu’affirme Alexandre Del Valle, spécialiste des relations internationales, en s’appuyant sur les données de parité de pouvoir d’achat (PPA). Un constat qui bouscule radicalement la lecture des rapports de force mondiaux, trop souvent cantonnée au PIB nominal.

En nominal, la Chine reste seconde, la Russie onzième, l’Inde dixième. Mais en PPA, l’image se renverse : la Chine devient numéro un, l’Inde passe de la dixième à la troisième place, et la Russie se hisse entre le quatrième et le sixième rang mondial. « C’est beaucoup plus sérieux », insiste Del Valle, pour qui cet indicateur reflète bien mieux la réalité économique que les chiffres nominaux, qu’il qualifie de « rassurants » pour les Occidentaux.

Ce changement de perspective n’est pas anodin. Il éclaire les revendications de puissance des pays émergents, leur volonté de négocier une redistribution du pouvoir dans les institutions internationales, et la montée d’un ordre mondial que l’auteur qualifie de « post-occidental ». La Chine, déjà leader dans l’intelligence artificielle, la robotisation et le contrôle des terres rares, n’attend plus qu’une autonomie complète en semi-conducteurs pour s’affranchir définitivement des dépendances technologiques occidentales. Le monde a changé, et les chiffres le confirment, pour qui accepte de les regarder en face.

Entretien avec Alexandre Del Valle

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