En mai 1940, les divisions blindées allemandes contournent la ligne Maginot par le nord et s’engouffrent dans la brèche laissée béante le long de la frontière belge. Cette faille n’était pas un oubli technique, mais un choix politique assumé des dirigeants français de l’entre-deux-guerres.
C’est ce que rappelle le journaliste André Géraud, alias Pertinax, dans son ouvrage Les fossoyeurs, réédité récemment et présenté par Eric Branca au Cercle Aristote. Les autorités françaises ont délibérément renoncé à prolonger les fortifications jusqu’à la mer du Nord pour ménager la susceptibilité de la Belgique et des Pays-Bas, alors neutres. Construire un mur défensif face à eux aurait été interprété comme un geste hostile, susceptible de compromettre les relations diplomatiques avec ces voisins.
Le résultat est connu : les Allemands ont précisément emprunté cette zone non fortifiée pour contourner le dispositif français et provoquer l’effondrement militaire de juin 1940. Pertinax souligne l’ironie de la situation lorsque, après la défaite, Pétain et Weygand ont accusé la IIIᵉ République d’avoir perdu la guerre lors du procès de Riom. Or, ce sont bien les responsables politiques et militaires qui ont refusé l’armée de métier prônée par de Gaulle, sabordé le réarmement et laissé ouverte la porte du nord. Une décision diplomatique devenue piège stratégique fatal.
*D’après un entretien de Eric Branca sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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