Le rapport parlementaire sur l’audiovisuel public qui agite le débat ces derniers jours est d’abord une opération de visibilité personnelle, selon l’invité du Cercle Aristote. « Tout est parti d’un petit parlementaire ambitieux qui a fait un rapport qui ne casse pas quatre pattes à un canard », affirme-t-il, dénonçant un document « là juste pour l’autopromotion de son auteur, qui est quand même le bras droit de Ciotti ».
L’analyse est cinglante : ce texte ne propose aucune refonte sérieuse du service public. Il se contente d’agiter la menace de privatisation, solution de facilité brandie par une droite libérale « intrinsèquement inféodée au pognon ». L’invité prédit un éternel serpent de mer : la privatisation restera une épée de Damoclès sans jamais aboutir, car une fois au pouvoir, ces élus se feront vite apprivoiser par la caste médiatique. « Tu vas avoir une ruée des gamelards journalistiques qui vont te dire ‘Ma collaboration vous est toute acquise’, et comme la droite est facile à flatter, tout ça va être un serpent de mer. »
Le vrai problème, selon lui, n’est pas traité : comment rétablir un pluralisme intellectuel réel, comment repenser l’éducation populaire par les médias. Mais « personne ne le veut, personne ne le fera. C’est trop de travail. »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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