Classer la Russie au 11e rang mondial est un trompe-l’œil statistique. Alexandre Del Valle, auteur de La grande bascule géopolitique, rappelle un fait décisif trop souvent occulté : en parité de pouvoir d’achat, la Russie se hisse entre la 4e et la 6e place, loin devant l’image anémique que renvoie le classement en PIB nominal. Ce biais de mesure, entretenu par les médias occidentaux, fausse l’évaluation réelle de la puissance russe et, surtout, l’efficacité supposée des sanctions économiques.

Pour saisir l’ampleur de la désinformation, Del Valle élargit le constat : en parité de pouvoir d’achat, la Chine dépasse les États-Unis, et l’Inde bondit de la 10e à la 3e place. Autrement dit, le monde a changé sans que les outils de mesure occidentaux ne l’enregistrent. Le biais nominal, loin d’être anodin, sert un narratif de déclin russe qui légitime des politiques de confrontation tout en masquant l’érosion de la domination occidentale. Les rapports de force se recomposent, et s’y tromper de classement, c’est s’interdire de les comprendre.

Entretien avec Alexandre Del Valle

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