« Les sanctions t’obligent à te dégourdir », affirme l’invité dans un entretien publié le 24 mai 2026. Une analyse contre-intuitive qui trouve dans l’exemple russe une illustration frappante : « C’est ce qui est arrivé à la Russie. Et la Russie s’est musclée grâce à ça. »
Le mécanisme est simple, selon lui. Face aux restrictions occidentales, un pays sanctionné doit d’abord « créer des unités de production », même imparfaites. Ensuite vient la montée en gamme par itérations successives : « Première commercialisation, retour d’expérience, montée en gamme, reproduction. » Jusqu’au moment où, si les sanctions sont levées, « tu n’as plus besoin d’eux. »
L’invité évoque même un souhait paradoxal : « J’aurais été très content que des pays prennent des sanctions contre nous. » Une position provocatrice qui repose sur l’idée que la contrainte extérieure force l’émergence d’un « État développeur », seul capable de briser la mécanique des prix en choisissant de produire localement plutôt que d’importer moins cher.
Cette logique, explique-t-il, est à l’opposé du libre-échangisme européen. Là où Bruxelles mise sur « l’interdépendance » — « des dépendances croisées » —, les nations qui se développent réellement pratiquent « l’échange choisi », en sachant qu’à certains moments, « un mec peut te dire : je vends, mais je vends pas à toi. »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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