En 1978, Alexandre Soljenitsyne prononçait à Harvard un discours resté célèbre où il identifiait déjà le mal principal des élites occidentales : non pas la bêtise ou l’incompétence, mais le manque pur et simple de courage. Invité par le Cercle Aristote le 26 février 2026, Nikola Mirkovic rappelle cette charge visionnaire en s’appuyant sur une formule plus ancienne encore, celle de Thucydide : « La liberté se confond avec le bonheur et le courage avec la liberté. »
Pour Mirkovic, auteur de Déclin et renouveau. Comment les Français se relèveront, ce triptyque liberté-bonheur-courage constitue une clé de lecture redoutable pour notre époque. Si l’homme recherche naturellement le bonheur, celui-ci exige d’être libre. Or, la liberté ne se décrète pas, elle se défend. C’est là que le courage intervient comme vertu civique cardinale. « On ne peut pas juste attendre et attendre surtout cela des autres », insiste-t-il, balayant l’illusion d’un sursaut collectif qui surgirait sans effort individuel préalable.
Ce constat sur les élites de 1978 résonne aujourd’hui avec une acuité particulière : des dirigeants qui ont renoncé à défendre les intérêts de leur peuple, une classe dominante qui « savonne la planche » de la culture nationale, et des citoyens trop souvent réduits à l’état de spectateurs. Mirkovic y voit un avertissement toujours valable : sans courage, il n’est ni liberté durable ni bonheur possible. Une leçon de philosophie politique que les souverainistes d’aujourd’hui feraient bien de méditer.
*D’après un entretien de Nikola Mirkovic sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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