Certaines centrales nucléaires françaises fonctionnent avec de l’uranium enrichi fourni par TVEL, une société russe. C’est ce que révèle l’économiste Jacques Sapir, invité du Cercle Aristote le 31 mai 2026. Un fait dérangeant qui interroge la réalité de notre souveraineté nucléaire.

Selon Jacques Sapir, TVEL reste largement méconnue du grand public, contrairement à Rosatom, qui construit les réacteurs. Pourtant, cette entreprise produit un uranium certifié aux normes européennes, ce qui explique qu’aucune sanction ne pèse sur ces livraisons. Résultat : des réacteurs français continuent de s’approvisionner auprès d’elle en toute légalité.

La dépendance ne s’arrête pas à la France. TVEL fournirait également la moitié de l’uranium enrichi utilisé par les centrales chinoises, avec une capacité de montée en production d’ici 2035. Jacques Sapir précise que la société ambitionne de couvrir 40 à 45 % des besoins des centrales nucléaires mondiales.

L’enrichissement de l’uranium exige des installations que peu de pays maîtrisent. Rappelons que les réacteurs à eau pressurisée, qu’ils soient français, américains ou russes, utilisent un uranium enrichi entre 4 et 6 %. Cette étape technologique cruciale échappe en grande partie aux pays producteurs de minerai brut, renforçant le poids stratégique d’acteurs comme TVEL. Un sujet qui mérite d’être creusé pour mesurer les angles morts de notre indépendance énergétique.


*D’après un entretien de Jacques Sapir sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*

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