450 kilomètres d’autonomie. C’est la promesse affichée par les constructeurs de véhicules électriques. Mais la réalité, une fois le volant en main, est bien moins reluisante. Selon Alexandre Del Valle, auteur d’un ouvrage sur le nouvel ordre post-occidental, il faut diviser ce chiffre presque par deux pour obtenir l’autonomie réelle.

« On vous annonce 450 km d’autonomie. On sait très bien qu’en réalité, au bout de quelques mois, c’est 300 », explique-t-il. Et le constat s’aggrave dès que l’automobiliste utilise les équipements de base : chauffage, climatisation, autoradio. « Si vous utilisez la radio, le chauffage, vous avez tout de suite la moitié », détaille le géopolitologue, comparant cette déperdition énergétique à celle des batteries de téléphone, « jamais le nombre d’heures annoncé ».

Conséquence concrète : une autonomie qui fond à 200 ou 250 kilomètres en usage courant. De quoi doucher les ambitions de la transition énergétique imposée, alors même que les infrastructures de recharge restent notoirement insuffisantes. Del Valle alerte sur les goulets d’étranglement à venir : « Pour recharger une batterie, s’il faut un quart d’heure, vous imaginez la queue dans les stations-service quand il y a la queue parfois alors que c’est 3 minutes par personne quand ce sera 15. »

Un hiatus persistant entre le discours officiel et le quotidien des usagers que les pouvoirs publics gagneraient à regarder en face.

Entretien avec Alexandre Del Valle

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