Les filiales russes d’Auchan et de Leroy Merlin viennent d’être placées sous tutelle de l’État russe, une décision qui frappe directement deux enseignes françaises emblématiques encore présentes sur le sol russe. Ce geste, loin d’être anodin, s’inscrit dans une logique de représailles économiques dont les ressorts méritent d’être expliqués.
Pourquoi Moscou place-t-il les filiales françaises d’Auchan et Leroy Merlin sous tutelle ?
Selon Charles d’Anjou, président d’Omerta, cette mise sous tutelle est une réponse directe au gel des avoirs russes décidé par la France et l’Union européenne. L’invité le formule sans détour dans l’entretien :
« Cette mise sous tutelle est une réponse au gel des avoirs russes en France et au gel des avoirs russes à l’échelle européenne. »
Vidéo d’OMERTA
Le raisonnement exposé est simple : si les Européens gèlent les actifs russes sur leur sol, la Russie riposte en plaçant sous contrôle étatique des actifs français présents chez elle. Une logique de réciprocité qui ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux deux enseignes citées, puisque l’invité précise que d’autres sociétés françaises ont été touchées par la même mesure.
Une riposte tardive qui interroge sur la stratégie russe
L’invité souligne un point temporel important : ces sociétés ont eu le droit de travailler en Russie depuis le début du conflit sans aucun problème. Pourquoi cette décision arrive-t-elle maintenant ? Si la Russie avait voulu pénaliser les intérêts économiques français dès les premières semaines de la guerre, elle aurait pu le faire immédiatement. Elle ne l’a pas fait.
Cette temporalité suggère que Moscou agit par paliers successifs, en réponse calibrée à chaque nouvel acte de pression occidental. Le gel des avoirs russes à l’échelle européenne constitue précisément l’un de ces paliers. La mise sous tutelle des filiales françaises en serait la conséquence directe.
Cette lecture s’inscrit dans une grille plus large que l’invité applique à l’ensemble du conflit : les Russes réagissent, ils n’initient pas. À chaque franchissement de seuil par les Européens ou les Ukrainiens, une réponse russe suit, qu’elle soit militaire, diplomatique ou économique.
Les autres fronts de la riposte économique russe
La mise sous tutelle des sociétés françaises n’est pas le seul terrain de représailles identifié dans l’entretien. L’arraisonnement des pétroliers russes de la flotte fantôme par plusieurs pays européens a provoqué une mise en garde explicite de Moscou : la Russie se réserve le droit de procéder de même avec des navires battant pavillon de pays de l’Union européenne.
Cette montée en symétrie est décrite par l’invité comme un engrenage dont Emmanuel Macron porte une part de responsabilité. En soutenant l’Ukraine de manière croissante, en autorisant la frappe d’infrastructures sur le sol russe, la France contribuerait à fermer l’espace de désescalade économique qui existait encore au début du conflit.
Une menace hybride qui reste, pour l’heure, limitée
L’invité dresse un tableau contrasté de la situation actuelle. D’un côté, les autorités françaises commencent à s’inquiéter, comme en témoigne l’existence d’un plan de protection des infrastructures stratégiques. De l’autre, les actes hostiles attribués à la Russie sur le territoire français restent, à ce jour, d’une ampleur modérée : quelques mains rouges, des cercueils déposés sous la tour Eiffel, des arrestations ponctuelles.
La question de la preuve reste ouverte dans un contexte où, selon l’invité, les services ukrainiens ont intérêt à exagérer la menace russe pour maintenir le soutien financier européen. Une opération sous faux drapeau ne peut être exclue, même si cela ne signifie pas que les Russes sont inactifs.
Ce qu’il faut retenir
La mise sous tutelle d’Auchan et de Leroy Merlin en Russie n’est pas un acte isolé : elle s’inscrit dans une logique de réciprocité économique revendiquée par Moscou face au gel des avoirs russes. Le calendrier de cette décision suggère une stratégie de riposte graduée, chaque palier franchi par les Européens appelant une réponse russe mesurée. Reste désormais à observer si cette spirale de représailles économiques peut être interrompue, ou si elle continuera de s’alimenter à mesure que le conflit s’enracine.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Vidéo « Relations russo-françaises et tensions géopolitiques » de OMERTA
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