La France n’a pas perdu ses souverainetés par accident. Chaque abandon a été négocié, signé et ratifié, en connaissance de cause et souvent contre son propre intérêt. Cet index donne la date de chacun, l’acte qui l’a scellé, et le compteur qui tourne depuis. Chaque date renvoie à un texte, chaque pourcentage à une statistique publique.
Nos souverainetés perdues
Chaque compteur part d’un acte daté. Il tourne en direct depuis cette page.
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Agriculture Perdue
Décider de sa politique agricole
Perdue depuis 64ans 8 mois, 18 jours14 janvier 1962 Les premiers règlements de la politique agricole commune sont adoptés.
Aujourd’hui aux mains de Commission européenne et Conseil de l'Union européenne, Bruxelles
Le détail
Après une négociation marathon à Bruxelles, les Six adoptent les règlements fondateurs de la politique agricole commune. Prix garantis, préférence communautaire, financement en commun : la France, premier producteur agricole des Six, y voit alors une victoire.
Soixante-quatre ans plus tard, les prix, les aides, les normes et les quotas ne se décident plus à Paris. Le ministre de l’Agriculture négocie, il n’arbitre pas.
Acte de référence Règlements n° 19 à 24 du Conseil de la CEE, adoptés le 14 janvier 1962, publiés au Journal officiel des Communautés le 20 avril 1962.
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Commerce Perdue
Fixer ses droits de douane
Perdue depuis 58ans 3 mois, 1 jour1er juillet 1968 Le tarif douanier commun remplace le tarif français.
Aujourd’hui aux mains de Commission européenne, Bruxelles
Le détail
L’union douanière est achevée avec dix-huit mois d’avance sur le calendrier du traité de Rome. À compter de cette date, la France ne fixe plus elle-même les droits qui s’appliquent aux marchandises entrant sur son territoire : le tarif est commun, et la politique commerciale relève d’une compétence exclusive exercée à Bruxelles.
C’est la plus ancienne des souverainetés perdues de cet index, et la moins discutée. Elle conditionne pourtant toutes les autres : sans droits de douane, pas de protection possible d’une industrie nationale.
Acte de référence Traité instituant la Communauté économique européenne, 25 mars 1957. Achèvement de l'union douanière le 1er juillet 1968.
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Droit Perdue
Être jugée par ses seuls tribunaux
Perdue depuis 45ans2 octobre 1981 La France accepte que toute personne relevant de sa juridiction puisse la poursuivre à Strasbourg.
Aujourd’hui aux mains de Cour européenne des droits de l'homme, Strasbourg
Le détail
La Convention européenne des droits de l’homme est signée en 1950. La France, qui l’a pourtant largement inspirée, met vingt-quatre ans à la ratifier : ce sera le 3 mai 1974. Et elle attend encore sept ans avant d’accepter le droit de recours individuel, c’est-à-dire la possibilité pour toute personne de la traîner devant les juges de Strasbourg.
La déclaration est déposée le 2 octobre 1981, quelques mois après l’élection de François Mitterrand. À partir de ce jour, une décision définitive de la Cour de cassation ou du Conseil d’État peut être contredite par une juridiction que la France ne contrôle pas.
Cette Cour relève du Conseil de l’Europe, pas de l’Union européenne. Ce sont deux ordres juridiques distincts, et deux pertes de souveraineté distinctes : l’une en 1981, l’autre scellée par l’arrêt Nicolo en 1989.
Acte de référence Déclaration d'acceptation du droit de recours individuel au titre de l'article 25 de la Convention, déposée le 2 octobre 1981 auprès du Secrétaire général du Conseil de l'Europe, publiée par le décret n° 81-917 du 9 octobre 1981.
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Pêche Perdue
Réserver ses eaux à ses pêcheurs
Perdue depuis 43ans 8 mois, 7 jours25 janvier 1983 La politique commune de la pêche ouvre les eaux françaises et fixe les quotas.
Aujourd’hui aux mains de Commission européenne, Bruxelles
Le détail
Le règlement de 1983 instaure l’égalité d’accès aux eaux communautaires et confie à Bruxelles la fixation des totaux admissibles de captures, répartis ensuite entre États sous forme de quotas.
La France dispose du deuxième domaine maritime du monde, plus de dix millions de kilomètres carrés. Elle ne décide seule ni de qui y pêche, ni de combien.
Acte de référence Règlement (CEE) n° 170/83 du Conseil du 25 janvier 1983 instituant un régime communautaire de conservation et de gestion des ressources de pêche.
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Droit Perdue
Faire primer sa propre loi
Perdue depuis 36ans 11 mois, 12 jours20 octobre 1989 Le Conseil d'État accepte qu'un traité l'emporte sur une loi française postérieure.
Aujourd’hui aux mains de Cour de justice de l'Union européenne, Luxembourg
Le détail
Jusqu’à cette date, le Conseil d’État refusait d’écarter une loi française votée après un traité, au nom de la souveraineté du Parlement. L’arrêt Nicolo met fin à cette résistance : le juge administratif accepte désormais de faire prévaloir le traité, même sur une loi plus récente.
La Cour de cassation avait franchi le pas quatorze ans plus tôt, avec l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975. À partir de 1989, plus aucune juridiction française ne protège la loi nationale contre le droit issu des traités.
Une précision s’impose sur la portée. Nicolo ne concerne pas seulement le droit européen : la primauté que le Conseil d’État reconnaît est celle de l’article 55 de la Constitution, qui vaut pour tout traité régulièrement ratifié. C’est ensuite, dans les décennies qui suivent, que cette jurisprudence trouve son application la plus massive avec le droit de l’Union, dont le volume et la densité n’ont aucun équivalent parmi les engagements internationaux de la France.
Acte de référence Conseil d'État, Assemblée, 20 octobre 1989, Nicolo, n° 108243. Cour de cassation, chambre mixte, 24 mai 1975, Société des cafés Jacques Vabre.
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Dette Perdue
Financer son État sans les marchés
Perdue depuis 32ans 9 mois, 1 jour1er janvier 1994 Tout concours de la banque centrale à l'État devient interdit.
Aujourd’hui aux mains de Les marchés financiers, sous une règle fixée par traité
Le détail
À partir de cette date, l’État ne peut plus emprunter à sa banque centrale. Pour boucler son budget, il doit passer par les marchés, aux conditions des marchés. La loi du 4 août 1993 avait rendu la Banque de France indépendante quelques mois plus tôt, en interdisant à son gouverneur de solliciter ou d’accepter la moindre instruction du gouvernement.
Il faut ici défaire un mythe tenace, y compris dans le camp souverainiste. On attribue souvent cette rupture à la loi du 3 janvier 1973, dite loi Pompidou-Giscard. C’est inexact. Son article 25 dispose que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France », mais il ne fait que reprendre une interdiction déjà posée par la loi du 24 juillet 1936, sous le Front populaire. Après 1973, la Banque de France a continué de consentir des avances au Trésor, plafonnées par convention.
La rupture véritable est celle de 1994. Elle est plus tardive, elle est européenne, et elle est totale : là où 1973 encadrait, l’article 104 du traité de Maastricht interdit. Dire « la loi de 1973 » plutôt que « Maastricht » revient à se tromper de vingt et un ans et d’auteur.
Acte de référence Article 104 du traité sur l'Union européenne, entré en vigueur le 1er janvier 1994 avec la deuxième phase de l'union économique et monétaire. Loi n° 93-980 du 4 août 1993 relative au statut de la Banque de France. Loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, article 25. Loi du 24 juillet 1936.
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Frontières Perdue
Contrôler ses frontières
Perdue depuis 31ans 6 mois, 6 jours26 mars 1995 Les contrôles aux frontières intérieures sont supprimés.
Aujourd’hui aux mains de Les États de l'espace Schengen, collectivement
Le détail
L’accord signé le 14 juin 1985 à Schengen, en Moselle luxembourgeoise, devient réalité dix ans plus tard : le 26 mars 1995, les contrôles disparaissent aux frontières terrestres avec l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne et le Portugal.
La France conserve la possibilité de rétablir temporairement des contrôles, faculté qu’elle utilise sans interruption depuis les attentats du 13 novembre 2015. Un rétablissement permanent qui dit assez ce que vaut la règle.
Acte de référence Accord de Schengen du 14 juin 1985 et convention d'application du 19 juin 1990, entrée en application le 26 mars 1995.
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Monnaie Perdue
Battre monnaie
Perdue depuis 27ans 9 mois, 1 jour1er janvier 1999 Les taux de conversion entre le franc et l'euro deviennent irrévocables.
Aujourd’hui aux mains de Banque centrale européenne, Francfort
Le détail
Le traité sur l’Union européenne, signé à Maastricht le 7 février 1992 et approuvé par référendum le 20 septembre 1992 avec 51,04 % de « oui », transfère la conduite de la politique monétaire à la Banque centrale européenne. La Banque de France perd le pouvoir de fixer les taux d’intérêt et de dévaluer.
Le 1er janvier 1999, les taux de conversion sont figés : un euro vaut 6,55957 francs, définitivement. Les pièces et les billets arrivent trois ans plus tard, le 1er janvier 2002, mais la décision, elle, était déjà prise.
Acte de référence Traité sur l'Union européenne (Maastricht), 7 février 1992. Règlement (CE) n° 2866/98 du Conseil du 31 décembre 1998 fixant les taux de conversion.
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Infrastructures Perdue
Posséder ses autoroutes
Perdue depuis 20ans 8 mois, 1 jourfévrier 2006 L'État cède ses parts dans les trois grandes sociétés d'autoroutes.
Aujourd’hui aux mains de Vinci, Eiffage et Abertis
Le détail
La décision est annoncée par Dominique de Villepin, Premier ministre, dans sa déclaration de politique générale du 8 juin 2005, et conduite par son ministre de l’Économie Thierry Breton. Autoroutes du Sud de la France, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône et Sanef sont vendues pour 14,8 milliards d’euros à des groupes de bâtiment et à des fonds. Les concessions courent jusqu’aux années 2030 et 2040.
La Cour des comptes a jugé en 2013 que le prix de cession avait été sous-évalué. Les tarifs de péage, eux, augmentent chaque 1er février selon une formule fixée par contrat, que l’État ne peut pas modifier unilatéralement.
Acte de référence Déclaration de politique générale du 8 juin 2005. Acquéreurs retenus en décembre 2005, cessions réalisées en février 2006. Cour des comptes, rapport sur les relations entre l'État et les sociétés concessionnaires d'autoroutes, juillet 2013.
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Défense Perdue
Commander seule ses armées
Perdue depuis 17ans 5 mois, 28 jours4 avril 2009 La France réintègre le commandement militaire intégré de l'OTAN.
Aujourd’hui aux mains de Le commandement militaire intégré de l'OTAN
Le détail
Le 7 mars 1966, le général de Gaulle écrit au président Johnson que la France reprend l’entier exercice de sa souveraineté sur son territoire. Les troupes américaines quittent le sol français, le quartier général de l’Alliance déménage de Paris à Bruxelles, et le retrait du commandement intégré devient effectif le 1er juillet 1966. La France reste membre de l’Alliance, mais ses armées ne relèvent que d’elle.
Quarante-trois ans plus tard, Nicolas Sarkozy défait cette décision. La réintégration est actée au sommet de Strasbourg-Kehl des 3 et 4 avril 2009. Des officiers français prennent des postes de commandement alliés, et la planification opérationnelle française s’aligne sur celle de l’Alliance.
Une chose n’a pas changé : la dissuasion nucléaire reste hors du commandement intégré. C’est la raison pour laquelle elle figure, dans cet index, parmi les souverainetés que la France exerce encore entièrement.
Acte de référence Lettre du général de Gaulle au président Johnson du 7 mars 1966, retrait effectif du commandement intégré le 1er juillet 1966. Réintégration actée au sommet de l'OTAN de Strasbourg-Kehl des 3 et 4 avril 2009.
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Finances publiques Perdue
Voter son budget librement
Perdue depuis 13ans 9 mois, 1 jour1er janvier 2013 Le traité budgétaire européen entre en vigueur et impose la règle d'équilibre.
Aujourd’hui aux mains de Commission européenne et Conseil de l'Union européenne, Bruxelles
Le détail
Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, ratifié par la France à l’automne 2012, impose un déficit structurel inférieur à 0,5 % du produit intérieur brut et un mécanisme de correction automatique en cas de dérapage.
Le Parlement continue de voter le budget, mais dans un cadre qu’il ne fixe plus. Une loi organique du 17 décembre 2012 crée le Haut Conseil des finances publiques, chargé de vérifier la conformité des projets de loi de finances à cette trajectoire.
Acte de référence Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), 2 mars 2012. Loi organique n° 2012-1403 du 17 décembre 2012.
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Numérique Perdue
Protéger ses données des lois étrangères
Perdue depuis 8ans 6 mois, 9 jours23 mars 2018 Le CLOUD Act autorise Washington à réclamer des données stockées hors des États-Unis.
Aujourd’hui aux mains de La justice américaine, pour toute donnée confiée à une entreprise américaine
Le détail
Le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act est promulgué le 23 mars 2018, glissé dans une loi de finances américaine de plus de deux mille pages. Il pose un principe simple : une entreprise soumise au droit américain doit livrer aux autorités américaines les données qu’elle détient, quel que soit le pays où se trouvent les serveurs.
Autrement dit, des données d’une administration, d’un hôpital ou d’une entreprise française, hébergées à Paris ou à Marseille, restent accessibles à Washington dès lors que l’hébergeur est américain ou détenu par une société américaine. La localisation physique des serveurs ne protège de rien.
C’est une perte de souveraineté d’un type particulier : elle ne résulte d’aucun acte français. Personne à Paris n’a rien signé. Elle résulte de l’extraterritorialité du droit américain, appliquée à des choix d’hébergement faits en France.
Acte de référence Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act, promulgué le 23 mars 2018 au sein du Consolidated Appropriations Act, 2018.
Les souverainetés qu’il nous reste
Chaque pourcentage mesure une chose précise, indiquée sous la jauge, avec sa source et ce qu’elle ne dit pas. Une seule de ces souverainetés avait été perdue avant d’être reprise, et elle porte un compteur arrêté.
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Défense Intacte
Décider seule de l'emploi de l'arme atomique
100%des deux composantes de la dissuasion conçues, produites et mises en œuvre depuis la France
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre La composante océanique repose sur quatre sous-marins lanceurs d'engins construits à Cherbourg, la composante aéroportée sur le Rafale et le missile ASMPA-R. Aucune autorisation extérieure n'est requise pour l'emploi, contrairement aux armes américaines stationnées chez plusieurs voisins. La chaîne de commandement part du président de la République et n'en sort pas.
Ce qu’il ne dit pas Deux points de vigilance. Industriel d'abord : les turbines de propulsion des sous-marins sont passées sous contrôle américain entre 2015 et 2024. Politique ensuite : la déclaration conjointe Macron-Merz du 2 mars 2026 crée un groupe de pilotage nucléaire franco-allemand, ouvre les exercices nucléaires français à une participation allemande et prévoit des visites conjointes de sites stratégiques. Le texte porte sur le dialogue doctrinal et la coordination, il parle de « capacités nucléaires françaises » et ne transfère aucune décision d'emploi. La décision reste française. Ce qui change, c'est que l'Allemagne entre dans la conversation.
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Énergie Entamée
Garder la main sur ses barrages
77%de la puissance hydroélectrique reste hors des enchères imposées par l'accord avec Bruxelles
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre La loi du 29 juin 2026 remplace le régime de concession par un régime d'autorisation. Les barrages échappent ainsi à la mise aux enchères que la Commission européenne réclamait depuis plus de vingt ans, au motif que les concessions échues n'étaient pas remises en concurrence et qu'EDF y occupait une position dominante. En contrepartie, EDF doit céder par enchères, sous contrôle de la Commission de régulation de l'énergie et pendant vingt ans, des capacités hydroélectriques virtuelles, à hauteur de 6 GW les dix premières années. La puissance installée en France métropolitaine est d'environ 25,7 GW. Le pourcentage affiché est ce rapport.
Ce qu’il ne dit pas Les barrages restent la propriété de l'État et sont exploités par EDF, mais une partie de l'électricité qu'ils produisent est vendue aux concurrents. Contrairement à ce qui se dit souvent, la France n'a jamais payé d'amende sur ce dossier : les deux procédures ouvertes par la Commission ne sont pas allées au-delà du stade précontentieux. L'accord de principe a été annoncé le 28 août 2025, la loi promulguée le 29 juin 2026, et 340 concessions basculent dans le nouveau régime.
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Énergie Entamée
Produire son électricité
68%de l'électricité produite en France vient du parc nucléaire national
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Part du nucléaire dans la production électrique française. La production totale atteint 547,5 TWh en 2025, dont 373 TWh de nucléaire, et le mix est bas carbone à plus de 95 %. La France a dégagé la même année le solde exportateur le plus élevé de son histoire, 92 TWh, valorisés 5,4 milliards d'euros.
Ce qu’il ne dit pas La production est nationale, le combustible ne l'est pas : la France n'extrait plus d'uranium sur son sol depuis la fermeture du site de Jouac en 2001.
Source RTE, Bilan électrique 2025
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Énergie Entamée
Couvrir ses besoins en énergie
61%taux d'indépendance énergétique, toutes énergies confondues
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Rapport entre la production nationale d'énergie primaire et la consommation totale. Le taux gagne 4,6 points en un an et atteint son plus haut niveau depuis 1970. Le bouquet énergétique se compose de 41 % de nucléaire, 28 % de pétrole, 17 % de renouvelables et déchets, 12 % de gaz naturel et 2 % de charbon.
Ce qu’il ne dit pas Les 39 % restants sont presque entièrement du pétrole et du gaz, importés à la quasi-totalité. Le chiffre monte quand la consommation de fossiles baisse, pas quand la production nationale progresse.
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Alimentation Entamée
Nourrir sa population
50%des fruits et légumes frais consommés en France sont produits en France
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Taux d'auto-approvisionnement : rapport entre la production nationale et la consommation intérieure. Près de la moitié des fruits et légumes frais consommés en France sont aujourd'hui importés, et le plan d'actions de la filière vise à ramener ce taux autour de 60 %. La dispersion par produit est considérable : 85 % pour la pomme, 81 % pour l'oignon, 75 % pour l'abricot et la volaille, 72 % pour le concombre, 64 % pour la carotte, 58 % pour la tomate, 42 % pour la poire, 39 % pour l'aubergine, 33 % pour le kiwi, 30 % pour le raisin de table, 19 % pour le poivron, 15 % pour la framboise.
Ce qu’il ne dit pas Le périmètre change tout, et c'est le piège de ce chiffre. Le taux des légumes seuls grimpe à 85 % dès que l'on compte la pomme de terre, dont la France est un gros exportateur, ce qui masque le déficit sur le reste du frais. Nous retenons donc le périmètre consolidé fruits et légumes frais, celui qu'utilise la filière elle-même. Par ailleurs, la France reste largement excédentaire en céréales et en vin : le déficit se concentre sur le frais, les produits de la mer et les protéines végétales.
Source FranceAgriMer et Interfel, étude sur le taux d'auto-approvisionnement, 2023
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Capital Entamée
Détenir ses grandes entreprises
50%du capital des sociétés du CAC 40 reste détenu depuis la France
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Fin 2024, les non-résidents détenaient 1 083 milliards d'euros d'actions des sociétés françaises du CAC 40, sur une capitalisation de 2 165 milliards. Parmi ces actionnaires étrangers, 40 % viennent de la zone euro et 34 % des États-Unis. Les placements sont à 92,9 % des investissements de portefeuille.
Ce qu’il ne dit pas Détenir n'est pas diriger : la question du contrôle effectif dépend de la concentration des blocs et des pactes d'actionnaires, que ce chiffre ne mesure pas.
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Dette Entamée
Détenir sa propre dette
44%de la dette négociable de l'État est détenue depuis la France
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Les non-résidents détenaient environ 56 % de la dette négociable de l'État fin 2025, selon la Banque de France, dont l'Agence France Trésor publie la répartition à chaque fin de trimestre. Le pourcentage affiché est le complément. La dette négociable, ce sont les obligations assimilables du Trésor et les bons du Trésor à taux fixe émis par l'État, soit l'essentiel de la dette publique française.
Ce qu’il ne dit pas Le chiffre ne dit pas qui sont ces créanciers ni d'où ils viennent : la Banque de France ne publie pas de ventilation par pays. Détenir n'est pas décider, et une dette largement placée à l'étranger n'est pas en soi une perte de contrôle. Elle expose en revanche le financement de l'État aux mouvements de capitaux sur lesquels il n'a aucune prise, et se lit avec l'interdiction faite depuis 1994 de recourir à la banque centrale.
Source Sénat, rapport sur la structure de détention de la dette de l'État
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Santé Entamée
Fabriquer ses médicaments
6%de la synthèse chimique des principes actifs essentiels est réalisée en France
Le détail et la méthode
Ce que mesure le chiffre Chiffre portant sur les médicaments d'intérêt thérapeutique majeur, la liste des traitements dont la rupture met en jeu le pronostic vital. Le reste de la synthèse a lieu à 45 % en Europe et à 40 % en Asie, Chine et Inde en tête. Autre mesure de la même dépendance : sur les 488 médicaments autorisés en Europe entre 2016 et 2021, 42 seulement sont produits en France, et le pays importe 95 % des biomédicaments qu'il consomme.
Ce qu’il ne dit pas La France conserve environ 270 sites de production pharmaceutique, avec des capacités de formulation et de conditionnement, mais la molécule elle-même vient d'ailleurs. Une précision s'impose : il n'existe pas de donnée consolidée et fiable sur l'origine réelle des médicaments, et l'affirmation courante selon laquelle 80 % d'entre eux viendraient d'Asie est fausse. Ce que l'on mesure, c'est la vulnérabilité : près de 5 000 signalements de rupture ou de risque de rupture en 2023, six fois plus qu'en 2018.
Source Données ANSM, citées par La Revue du Praticien, juin 2025
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Industrie Reprise en partie
Fabriquer les turbines de ses centrales
Perdue pendant 8ans 6 mois, 29 jours Compteur arrêté le 31 mai 20242 novembre 2015 La branche énergie d'Alstom passe sous contrôle de General Electric.
Aujourd’hui aux mains de EDF depuis 2024, mais une partie des brevets reste chez General Electric
Le détail
Passent sous pavillon américain les turbines Arabelle qui équipent les cinquante-six réacteurs nucléaires français, et les turbines de propulsion des sous-marins lanceurs d’engins.
Le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg a cherché à empêcher l’opération. Il fait publier le 14 mai 2014 un décret qui étend le contrôle des investissements étrangers au secteur de l’énergie, précisément pour se donner un droit de veto. L’arbitrage lui échappe : il revient à François Hollande, et le gouvernement approuve l’offre de General Electric le 20 juin 2014. Montebourg quitte le gouvernement en août. Son successeur, Emmanuel Macron, boucle le dossier, et les contreparties négociées, entrée de l’État au capital et coentreprises, ne survivront pas.
C’est la seule reconquête de cet index. Le 31 mai 2024, EDF finalise le rachat de ces activités, regroupées dans Arabelle Solutions, filiale détenue à 100 %, environ 3 300 salariés, avec 350 millions d’euros annoncés pour l’usine de Belfort. Les turbines sont donc de nouveau fabriquées en France, pour les EPR, les EPR2 et les petits réacteurs modulaires.
La reprise n’est pas totale. Une partie des pièces reste couverte par des brevets de General Electric, qui continue de les produire pour des centrales d’un autre type, les activités de service sur le continent américain restent chez GE Vernova, et l’opération elle-même a exigé des licences américaines dont Emmanuel Macron a annoncé avoir sécurisé l’octroi. Neuf ans de dépendance sur le cœur de la dissuasion et du parc électrique, un rachat payé bien plus cher que la vente n’avait rapporté, et une indépendance qui reste incomplète.
Acte de référence Décret n° 2014-479 du 14 mai 2014 relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Offre approuvée par le gouvernement le 20 juin 2014. Closing General Electric le 2 novembre 2015. Rachat par EDF finalisé le 31 mai 2024. Question au Sénat n° 09923 sur le périmètre de la vente de GEAST à EDF.
Index tenu à jour par la rédaction. Les dates renvoient à un texte juridique ou à une opération financière datée, les pourcentages à une statistique publique. Une erreur, un chiffre périmé, une souveraineté manquante ? Écrivez-nous.
