La quatrième édition des Assises de la souveraineté se tient ce samedi 12 septembre 2026 à l’Artois Expo d’Arras. Annoncé comme un record d’inscriptions par ses organisateurs, l’événement rassemble une large partie du courant souverainiste français à l’approche de la prochaine échéance présidentielle. Un rendez-vous qui interroge : que pèse réellement cette famille politique dans le paysage national ?

Pourquoi les Assises de la souveraineté d’Arras 2026 sont-elles un rendez-vous majeur ?

L’événement, organisé par Les Patriotes, se distingue par plusieurs caractéristiques concrètes :

  • Un format élargi : tables rondes, conférences, émissions en direct, stands d’auteurs, et pour la première fois un banquet le samedi soir.
  • Une affluence record : selon Florian Philippot, cette quatrième édition est « la plus importante en nombre d’inscriptions et en nombre de personnes qui sont invitées et présentes », après une précédente édition ayant réuni environ 3 500 personnes.
  • Une diversité d’invités : sont annoncés notamment Idriss Aberkane, Éric Morano, Nicolas Vidal, ainsi que de nombreux auteurs et personnalités du courant souverainiste.
  • Une logistique militante : l’organisation repose intégralement sur des bénévoles, sans financement public ni subvention de parti, ce qui rend l’événement dépendant de l’engagement de ses soutiens.

Un lieu de convergence pour une famille politique dispersée

Florian Philippot insiste sur la dimension fédératrice de ce rendez-vous. Pour lui, les Assises incarnent une orientation stratégique précise : dépasser les clivages traditionnels entre « droite » et « gauche » pour rassembler sur la question de la souveraineté nationale.

« On nous enferme dans les stupidités de l’union des droites et l’union des gauches. C’est-à-dire qu’on mélange des mondialistes avec des patriotes. C’est absurde. »

Florian Philippot (OMERTA)

Ce positionnement fait écho aux évolutions récentes observées en Allemagne avec la coopération entre l’AFD et le BSW dans le Land de Saxe, une configuration que l’invité considère comme un modèle de collaboration entre courants souverainistes par-delà les étiquettes économiques traditionnelles. Il reconnaît d’ailleurs qu’il existe des divergences programmatiques entre ces deux formations, notamment sur l’économie, mais estime que l’essentiel réside dans le socle commun : restaurer la souveraineté et la paix.

Cette approche se traduit concrètement dans la composition des intervenants, qui mêle des profils issus d’horizons différents mais réunis autour d’un même refus de la logique fédérale européenne. L’événement se veut un espace de dialogue avant d’être un lieu d’affrontement programmatique.

Une démonstration de force face au champ politique traditionnel

L’entretien revient longuement sur une anecdote révélatrice. Lors de l’édition précédente, Gabriel Attal avait tenu un meeting dans la même salle quelques jours plus tard. Selon Florian Philippot, l’ancien Premier ministre « a peiné à remplir les deux tiers » de l’amphithéâtre, quand les Assises atteignaient déjà plusieurs milliers de participants.

« Aujourd’hui Attal il peut plus remplir même un amphi, il remplit un bistro et encore, difficilement. »

Florian Philippot (OMERTA)

Au-delà de la pique politique, ce contraste souligne une réalité médiatique : les organisateurs déplorent une couverture presse très inférieure à celle dont bénéficient les formations du système, alors même que leur affluence est supérieure. Cette asymétrie nourrit le récit d’un courant politique qui se perçoit comme invisibilisé par les grands médias.

L’événement est également l’occasion d’évoquer les obstacles rencontrés par les organisateurs. Florian Philippot cite le cas d’une auberge ayant annulé une semaine avant l’événement une réservation signée et payée pour loger quarante bénévoles. Sans accuser nominativement d’acteurs politiques, il y voit l’illustration des difficultés pratiques auxquelles se heurte un mouvement non adossé aux structures partisanes traditionnelles. Une procédure judiciaire est annoncée.

Parrainage citoyen, RIC, souveraineté : les propositions concrètes

Sur le volet institutionnel, Philippot a détaillé une réforme précise du système de parrainage pour l’élection présidentielle. Il propose de remplacer les 500 signatures d’élus actuellement exigées par 150 000 parrainages de citoyens inscrits sur les listes électorales, un seuil qu’il présente comme déjà défendu par la commission Jospin en 2012. Il souligne que cette modification ne nécessite pas de révision constitutionnelle, mais simplement une loi ordinaire.

Pour justifier l’urgence de cette réforme, il cite des chiffres : en 2022, 23 000 maires sur 35 000 ont refusé de signer une candidature, laissant moins de 12 000 élus actifs dans le processus. Selon lui, ce nombre devrait encore baisser sous les 10 000 lors du prochain scrutin.

« Les seules candidatures qui peuvent exister sont celles qui ont déjà leurs parrains, c’est-à-dire leurs députés, leurs sénateurs, leurs eurodéputés… Ce sont les candidatures du système. »

Florian Philippot (Ligne Droite • La matinale de Radio Courtoisie)

Il relie cette critique au développement de l’intercommunalité, qui a placé les maires dans des réseaux de dépendance hiérarchique réduisant leur liberté de signature.

À ces propositions s’ajoute le référendum d’initiative citoyenne sur tout sujet, présenté comme un instrument de démocratie directe indispensable. Philippot pose ces deux réformes comme les conditions préalables à tout projet politique crédible, au motif que récupérer les leviers de la souveraineté nationale est, selon lui, le seul moyen de tenir les engagements pris devant les électeurs, que ce soit en matière économique, sociale ou de politique étrangère.

Ce qu’il faut retenir

Les Assises de la souveraineté d’Arras s’imposent comme le principal rendez-vous annuel du courant souverainiste français, avec une affluence revendiquée en hausse constante. Elles révèlent une volonté de structuration politique autour d’un positionnement transpartisan fondé sur la question nationale et la sortie des cadres européens. À l’approche de la présidentielle, leur capacité à transformer cette dynamique militante en force électorale constituera le véritable test de leur influence.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Florian Philippot commente un événement d’Attal en bistrot » de OMERTA

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