L’image a de quoi interpeller. Aurore Bergé, figure du parti présidentiel, arpentant les marches du Festival de Cannes comme s’il s’agissait d’un ministère bis. Pour l’invité du Cercle Aristote, cette présence n’a rien d’anecdotique : elle incarne une mutation profonde de la classe politique française, désormais réduite à « une cléricature du paraître ». L’analyse est cinglante : l’invité décrit une élite « obsédée par les paillettes », des responsables politiques devenus « les clones des Instagrameuses », incapables d’incarner autre chose qu’une course à l’image.

Cette dérive médiatique trahit, selon lui, un effacement plus grave : celui du « génie féminin » authentique, cette tradition française qui, de Jeanne d’Arc aux résistantes honorées par le général de Gaulle, plaçait les femmes au cœur de la destinée nationale sans jamais les réduire à une vitrine. « Les femmes se sont trop battues pour avoir leurs droits pour qu’on les réduise à du Aurore Bergé », assène l’invité, qui déplore que la politique se contente désormais de singer les codes du show-business, sans substance ni vision.

À Cannes comme dans les cabinets ministériels, le constat est amer : quand la cour remplace la couronne, c’est tout l’édifice régalien qui vacille, abandonnant l’exigence du talent au profit d’une mise en scène permanente.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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