Avant la création de l’armée de l’air en 1934, les premiers avions militaires français étaient confiés aux artilleurs, rappelle l’historien Laurent Henninger. Un choix qui n’avait rien d’anecdotique : l’avion était alors pensé comme un outil de reconnaissance destiné à indiquer les coordonnées de tir à l’artillerie, reine des batailles depuis le XVe siècle.

Henninger souligne que la France possédait dans ce domaine une tradition d’excellence ancienne. L’artillerie et le génie, « armes savantes » par opposition aux armes de mêlée, étaient ouverts aux officiers roturiers quand l’infanterie et la cavalerie restaient réservées à l’aristocratie. À la Révolution, ces régiments passèrent d’ailleurs massivement du côté républicain.

Ce rattachement initial illustre une conception fondamentalement terrestre de l’aviation, pensée comme appui aux opérations au sol plutôt que comme puissance autonome. Pendant toute la Première Guerre mondiale, les quelque 26 000 avions français servirent essentiellement au profit des troupes au sol.

Pour Henninger, cette origine institutionnelle mérite d’être relue : elle montre que l’aviation fut d’abord conçue comme un prolongement tactique du champ de bataille, avant que la création d’une armée indépendante n’en fasse, un siècle durant, un objet stratégique à part entière.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Fusion des armées de l’air et des marines » de Cercle Aristote

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