Une table à 25 000 euros au Jimmies, le club sélect de Monaco, et une présence remarquée aux côtés de sa compagne au Grand Prix : les sorties de Jordan Bardella ne passent plus inaperçues, y compris dans son propre camp. Invité du Monde Moderne le 8 juillet 2026, l’avocat et essayiste Ghislain Benhessa a évoqué les tensions internes que ces apparitions médiatiques suscitent au Rassemblement national. « Même en interne, des gens commencent à dire : "Ça ne va pas, il faut faire attention, on est en campagne" », rapporte-t-il.
Le contraste est saisissant. D’un côté, un électorat populaire qui voit en Marine Le Pen une figure protectrice, presque maternelle — Jérôme Fourquet, cité par Benhessa, parle d’une « valeur refuge » pour ces Français qui se lèvent tôt et gagnent peu. De l’autre, un président de parti dont l’image oscille entre le costume cintré et les loisirs de la jet-set, loin des préoccupations quotidiennes de cette France périphérique qui constitue le socle historique du vote lepéniste.
Pour Benhessa, la question est moins anecdotique qu’il n’y paraît : « Est-ce que cette incarnation est vraiment compatible avec le peuple qui aime Marine Le Pen pour son côté entier, beaucoup moins roué à la communication qu’un homme comme Jordan Bardella ? » La popularité TikTok du jeune dirigeant suffira-t-elle à franchir l’épreuve des urnes ? L’essayiste reste prudent : entre la sympathie numérique et le geste électoral, il y a « deux choses radicalement opposées ».
*D’après un entretien de Ghislain Benhessa sur Le Monde Moderne
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