Juriste et avocat strasbourgeois né en 1984, Ghislain Benhessa s'est forgé une trajectoire intellectuelle atypique en croisant la philosophie et le droit public. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2014, portait sur la pensée juridique de l'exception aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, ce qui l'a conduit à examiner de près les mécanismes par lesquels un État peut suspendre ou contourner ses propres cadres normatifs au nom de l'urgence. Inscrit au barreau de Strasbourg depuis 2017 et chargé d'enseignement en droit public à l'université de la même ville depuis 2009, il occupe une position qui lui permet de confronter l'analyse théorique aux réalités institutionnelles concrètes.
Son premier ouvrage, "L'État de droit à l'épreuve du terrorisme", paru en 2017, prolonge ses travaux académiques en interrogeant la résistance des garanties juridiques face aux logiques sécuritaires. C'est avec "Le Totem de l'État de droit", publié en 2021 aux éditions L'Artilleur, qu'il franchit un cap dans le débat public : il y soutient que la notion d'État de droit, brandie comme un absolu intangible, est en réalité un concept flou dont l'usage sert à paralyser la volonté politique des États nations et à délégitimer toute affirmation de leur souveraineté.
Cette ligne se confirme dans ses ouvrages suivants. "Comment faire taire le Peuple", paru en 2023, analyse les mécanismes institutionnels qui rendent le référendum pratiquement inaccessible en France, lisant dans cette fermeture une confiscation délibérée de la parole populaire. "On marche sur la tête", coécrit avec Guillaume Bigot en 2024, élargit le propos aux rapports entre la France et l'Union européenne, documentant ce que les auteurs présentent comme une série de mensonges d'État sur les effets réels de la construction européenne pour les intérêts français.
Son dernier ouvrage connu à ce jour, "Nos vrais maîtres", paru en 2026, constitue l'aboutissement le plus direct de cette réflexion : Benhessa y entreprend une histoire des réseaux et des acteurs qui ont oeuvré, selon lui, à transférer des pans entiers de la souveraineté française vers les institutions supranationales. Benhessa représente ainsi un courant de critique juridique et politique qui ne se réclame pas d'un conservatisme culturel mais d'une défense strictement institutionnelle de la capacité de la France à se gouverner elle-même.
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