Du débarquement allié en Normandie au 8 mai 1945, Éric Branca retrace dans cet ouvrage les dix mois décisifs qui ont mis fin à la guerre en Europe occidentale. En remontant au plus près des faits, il interroge la part réelle prise par les forces françaises, la Résistance intérieure et le gouvernement de De Gaulle dans la victoire finale, face à une mémoire collective longtemps dominée par le récit américain de la libération.

La question n'est pas anecdotique. Ce que la France a pesé militairement et politiquement entre juillet 1944 et mai 1945 conditionne directement ce qu'elle a pu revendiquer à la table des vainqueurs : un siège au Conseil de sécurité, une zone d'occupation en Allemagne, la restauration d'une diplomatie indépendante. Branca invite à mesurer à quel point la capacité à tenir son rang dans une guerre détermine la souveraineté qu'un pays peut exercer au lendemain du conflit. La dépendance militaire vis-à-vis des Alliés anglo-saxons n'était pas abstraite : elle se traduisait en monnaie, en influence, en autorité sur le territoire national lui-même, comme en témoigna la querelle autour des billets de l'AMGOT que de Gaulle refusa avec une rare fermeté.

Ce livre s'inscrit dans un courant historiographique qui cherche à restituer à la France une agentivité que les récits dominants de la Seconde Guerre mondiale ont souvent minorée, sans pour autant verser dans la mythologie résistancialiste que de Gaulle lui-même avait parfois cultivée pour des raisons politiques.

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