Publié en 1991 par l'Institut Charles de Gaulle, cet ouvrage collectif en dix volumes rassemble des contributions de chercheurs, de témoins et d'acteurs politiques pour examiner la pensée et l'action du général de Gaulle dans l'ensemble de ses dimensions. L'ambition n'est pas biographique au sens strict : il s'agit de mesurer la cohérence d'une doctrine d'État à travers les grandes décisions qui ont engagé la France dans la seconde moitié du vingtième siècle.

Ce que l'ouvrage met en lumière, c'est la permanence d'une conception intégrée de la souveraineté française, où la politique de défense, la diplomatie, la politique monétaire et industrielle forment un tout indissociable. Les témoignages recueillis auprès de figures étrangères, parmi lesquelles Nixon et Kissinger, sont à ce titre éclairants : ils révèlent comment les interlocuteurs les plus puissants de l'époque percevaient la France gaullienne comme un État qui refusait d'inscrire ses choix fondamentaux dans un cadre de dépendance, qu'il soit atlantique ou autre.

Le contexte de publication n'est pas anodin. En 1991, l'Union soviétique s'effondre, les États-Unis s'imposent comme puissance hégémonique et la construction européenne prend un tournant décisif avec les négociations qui aboutiront au traité de Maastricht. Revenir à cette époque sur la doctrine gaullienne, c'est poser implicitement la question de ce que la France entend préserver de sa capacité à décider pour elle-même dans les années à venir.

La présentation de ce livre vous a-t-elle été utile ?

Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)

Signaler une erreur

Merci, c’est noté.