Dans ce vingt-cinquième numéro de la revue Front Populaire, Michel Onfray pose une question que les cercles dirigeants français répugnent à formuler : comment les élites de ce pays en sont-elles venues à servir des intérêts qui ne sont pas ceux de la nation ? La thèse centrale du numéro est que cette soumission n'est pas accidentelle ni récente, mais qu'elle s'inscrit dans une longue habitude de déférence envers des puissances extérieures successives, qu'il s'agisse de l'Allemagne ou des États-Unis, au détriment des intérêts français en matière industrielle, diplomatique, monétaire ou stratégique.
Ce questionnement touche à des domaines concrets : la capacité de la France à décider seule de sa politique étrangère, à protéger son tissu économique, à maintenir une défense autonome, à contrôler les leviers monétaires qui conditionnent sa liberté d'action. Derrière les décisions technocratiques et les alignements idéologiques que dénonce Onfray, c'est la question du consentement démocratique qui est posée : un peuple peut-il exercer sa souveraineté si ceux qui gouvernent en son nom ont intériorisé d'autres allégeances ?
Front Populaire s'inscrit depuis ses débuts dans une tradition de pensée critique qui refuse de confondre l'intégration internationale avec l'abdication nationale. Ce numéro prolonge ce fil en documentant, à travers des contributions diverses, la manière dont la France a progressivement délégué des pans entiers de sa puissance sans débat public, sans mandat clair, et souvent sans retour.
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