Dans cet ouvrage paru chez Perrin en 2017, le journaliste et historien Éric Branca reconstitue près de trois décennies de tensions entre Washington et le général de Gaulle, de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la fin de la Ve République. La thèse centrale est que les États-Unis n'ont jamais accepté qu'une France indépendante puisse exister en dehors de leur orbite, et qu'ils ont systématiquement cherché à contraindre, contourner ou affaiblir les dirigeants français qui refusaient de s'y soumettre.
Branca documente la manière dont cette pression américaine s'est exercée sur plusieurs fronts simultanément : la politique monétaire, avec la remise en cause du dollar comme monnaie de réserve mondiale que de Gaulle avait portée devant l'opinion internationale dès 1965 ; la défense nationale, avec le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN en 1966 ; la diplomatie, avec la reconnaissance de la Chine populaire ou la condamnation de la guerre au Vietnam. Le livre montre que la souveraineté française n'était pas un concept abstrait pour de Gaulle, mais un programme concret que Washington percevait comme une menace directe à son hégémonie.
Ce travail s'inscrit dans un courant historiographique qui refuse de traiter l'alliance atlantique comme une relation entre égaux. Il rappelle que les choix politiques d'une nation peuvent faire l'objet de pressions extérieures organisées, et que la France a connu une période où elle s'y est opposée de manière cohérente et documentée.
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