Dans cet essai publié aux éditions Galilée, Michel Onfray s'attaque à un impensé qui traverse la gauche française depuis plusieurs décennies : son incapacité à penser la question de la souveraineté nationale. S'appuyant notamment sur un carnet soviétique, il distingue deux gauches qui se sont succédé ou superposées sans jamais véritablement interroger leur rapport à la nation : d'un côté, la gauche autoritaire héritée du modèle soviétique, de l'autre, la gauche libérale et européiste qui s'est imposée à partir du tournant de 1983, lorsque le gouvernement Mitterrand renonça à la politique économique pour laquelle il avait été élu.

Ce second tournant est au coeur de la critique qu'Onfray adresse à une gauche qui a abandonné le peuple français au nom d'abstractions supranationales. En acceptant les contraintes de Bruxelles et en désindustrialisant le pays au nom de la compétitivité mondiale, cette gauche a délégué à des instances extérieures les décisions qui touchent à l'économie, à la monnaie, aux politiques sociales et à la capacité de la France à défendre ses propres intérêts diplomatiques. Onfray y voit une trahison de la tradition républicaine, qui plaçait la délibération démocratique et l'intérêt national au centre de l'action politique.

Le livre s'inscrit dans une réflexion plus large sur ce que signifie gouverner en France, pour les Français, dans un contexte où les leviers essentiels de la décision ont été progressivement transférés ou abandonnés. C'est à ce titre qu'il intéresse directement quiconque réfléchit aux conditions concrètes de la souveraineté française.

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