Rédigé en 1791 en réponse aux attaques d'Edmund Burke contre la Révolution française, Les droits de l'homme de Thomas Paine défend le droit des peuples à se gouverner eux-mêmes et à renverser tout régime qui trahit ce principe. Paine y articule une conception de la légitimité politique fondée non sur l'hérédité ni sur la tradition, mais sur le consentement actif des citoyens.

Ce qui retient particulièrement l'attention, et que des lecteurs comme Étienne Chouard ont mis en avant, c'est le chapitre consacré aux constitutions. Paine y pose une question précise : qui a le droit de toucher à la loi fondamentale d'un pays ? Sa réponse est tranchée : les représentants élus n'en ont pas le pouvoir. La Constitution appartient au peuple, et non à ceux qu'il mandate temporairement pour le gouverner. Cette distinction entre pouvoir constituant et pouvoir constitué, posée avec une clarté presque juridique, reste d'une brûlante actualité dans un pays où les réformes institutionnelles s'accumulent sans jamais passer par un référendum.

Pour qui s'interroge sur les conditions réelles de la souveraineté française, ce texte offre un point d'appui solide. Il rappelle que la souveraineté n'est pas une formule rhétorique mais une architecture précise, dans laquelle le peuple doit conserver la maîtrise des règles du jeu, sans délégation permanente et sans dépossession silencieuse par ses propres élus.

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