Rédigé à l'été 1944 par les représentants de la Résistance intérieure française, ce programme fixe les conditions d'une reconstruction nationale fondée sur la reprise en main collective des leviers économiques essentiels. Il pose comme impératif la nationalisation des grandes sources d'énergie, des ressources du sous-sol et des secteurs bancaires et d'assurance, au motif que ces richesses ne peuvent être laissées à la disposition d'intérêts privés sans que la puissance publique en perde le contrôle effectif. C'est précisément à ce titre que Gilles Raveaud le convoque comme référence, pour rappeler que la question de la propriété nationale des ressources énergétiques et du sol n'est pas une nouveauté idéologique mais un choix politique déjà tranché, dans des circonstances historiques extrêmes, par des hommes venus de toutes les familles politiques françaises.
Ce texte s'inscrit dans un moment où la souveraineté française n'était pas un concept abstrait mais une réalité à reconstruire concrètement, institution par institution, secteur par secteur. Il montre que la maîtrise nationale de l'économie, loin d'être incompatible avec la démocratie, en était alors pensée comme la condition. À l'heure où les questions de dépendance énergétique, de contrôle des infrastructures critiques et de capacité de l'État à orienter l'investissement reviennent au centre du débat, relire ce programme permet de mesurer ce qui a été construit, ce qui a été défait, et ce qui reste à défendre.
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