Publié en 1997 chez Grasset, ce texte de Michel Onfray s'inscrit dans une période de recomposition idéologique où la gauche institutionnelle, convertie au libéralisme économique et à la construction européenne, abandonnait progressivement toute posture critique envers les mécanismes du capitalisme mondialisé. Onfray y développe une pensée de la résistance enracinée dans une tradition libertaire et philosophique, refusant aussi bien la soumission aux appareils partisans qu'à l'ordre économique dominant.
La thèse centrale repose sur l'idée que l'insoumission n'est pas un geste romantique ou marginal, mais une exigence politique cohérente, fondée sur une éthique de la liberté concrète. Ce faisant, Onfray interroge les conditions dans lesquelles un peuple peut réellement se gouverner lui-même, ce qui touche directement à des questions que le souverainisme pose depuis ses marges : la capacité d'un État à décider de sa politique économique, à défendre ses intérêts industriels, à protéger sa monnaie et à mener une diplomatie indépendante plutôt que dictée par des instances supranationales.
Si Onfray cite lui-même cet ouvrage pour rappeler qu'il n'a pas attendu ses prises de position ultérieures pour s'engager politiquement, le livre témoigne d'une continuité de pensée souvent ignorée par ses détracteurs. Il montre qu'une critique sérieuse des tutelles, qu'elles soient économiques, idéologiques ou institutionnelles, précède et conditionne toute réflexion sur ce que signifie concrètement la maîtrise collective d'un destin national.
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